lundi 9 avril 2012

SJSR, kézako ?

Le SJSR est un trouble neurologique qui cause un besoin irrépressible de bouger les jambes. Ce besoin naît d’un inconfort dans les membres inférieurs - fourmillements, picotements, sensations de brûlure -, dont l’intensité varie beaucoup d’une personne à l’autre. Ces sensations désagréables surviennent particulièrement durant les périodes de détente ou d'inactivité. Par conséquent, il peut être très difficile de simplement se reposer, ou encore de rester assis pour assister à une réunion ou de voyager en avion, par exemple.
Puisque les symptômes ont tendance à s’aggraver le soir et la nuit, l'assoupissement est plus ardu. L’insomnie chronique qui peut en résulter entraîne fatigue et somnolence durant le jour, altérant énormément la qualité de vie. Certaines personnes racontent même avoir la sensation, au réveil, d’avoir marché toute la nuit.
Sur le plan physiologique, on sait qu’il s’agit d’un trouble neurologique qui impliquerait un manque de dopamine dans le cerveau et la moelle épinière. La dopamine est un composé chimique important qui permet aux nerfs de communiquer entre eux et de réguler les mouvements.


En Amérique du Nord et en France, environ 1 personne sur 10 souffre du syndrome des jambes sans repos. Selon des études épidémiologiques, il serait plus fréquent dans certaines populations : c’est le cas des Italiens du Nord et des Canadiens français. Au Québec, environ 15 % des gens sont atteints de ce syndrome. Cela est attribuable à une anomalie génétique, transmise d’une génération à l’autre.
Les hommes et les femmes sont à peu près également touchés quoique les femmes le seraient légèrement plus, selon des études. Le syndrome des jambes sans repos est plus fréquent à partir de 45 ans, mais survient à un plus jeune âge lorsqu’il y a une prédisposition héréditaire (habituellement dans la vingtaine). Les enfants peuvent aussi en être atteints, mais cela demeure exceptionnel.

Le syndrome tend à s’aggraver avec l’âge. Les symptômes initialement ressentis dans les mollets, par exemple, peuvent s’étendre aux cuisses, et survenir plus souvent. Dans les formes plus graves de la maladie, les bras peuvent aussi être atteints.

Symptômes des jambes sans repos
Les 4 états suivants doivent être réunis, d’après les critères de l’International Restless Legs Syndrome Study Group.
  • Un besoin de bouger les jambes, habituellement accompagné et parfois causé par des sensations désagréables dans les jambes (des picotements, des fourmillements, des démangeaisons, de la douleur, etc.).
  • Ce besoin de bouger apparaît (ou s’aggrave) durant les périodes de repos ou d’inactivité, généralement en position assise ou couchée.
  • Les symptômes s’accentuent le soir et la nuit.
  • Un soulagement survient lorsqu’on bouge les jambes (marcher, s'étirer, plier les genoux) ou qu’on les masse.
Remarques
  • Les symptômes viennent par périodes, qui durent de quelques minutes à quelques heures.
  • Le syndrome s’accompagne souvent d’insomnie chronique, donc d’une grande fatigue durant le jour.
  • Durant la nuit, pour des raisons qu’on ignore, le syndrome s’accompagne, dans environ 80 % des cas, de mouvements involontaires des jambes, aux 10 à 60 secondes. Ceux-ci rendent le sommeil léger. À ne pas confondre avec les crampes nocturnes qui, elles, sont douloureuses. Remarque. La majorité des personnes ayant des mouvements périodiques des jambes durant leur sommeil ne sont pas atteintes d’un syndrome des jambes sans repos. Ces mouvements périodiques peuvent se manifester de façon isolée.
  • Les symptômes touchent généralement les deux jambes, mais il arrive qu’une seule le soit.
  • Parfois, les bras sont aussi touchés.

Médicaments
Lorsque l’insomnie nuit considérablement aux activités durant le jour (et c’est généralement le cas si 2 nuits ou plus par semaine sont perturbées), les médecins peuvent prescrire divers médicaments. Aucun d’entre eux ne traite le syndrome de manière spécifique. Cependant, ils peuvent aider à mieux dormir, à diminuer la gravité des symptômes et à minimiser les mouvements involontaires des jambes durant la nuit. Leur efficacité varie d’une personne à l’autre.
  • Agents dopaminergiques. Il s’agit, en général, des premiers médicaments que l’on essaie. Ces médicaments, parfois appelés antiparkinsoniens, agissent en mimant l’action de la dopamine (agonistes de la dopamine), comme le pramipexole (Mirapex®), le pergolide (Permax®) et le ropinirole (ReQuip®). Les agents dopaminergiques sont consommés à faibles doses comparativement aux doses prescrites pour la maladie de Parkinson. Ils peuvent entraîner des effets indésirables, comme des nausées et des vomissements, ou encore dans certains cas accroître les symptômes du syndrome. Si c’est le cas, il faut en parler au médecin, qui corrigera le problème en ajustant la posologie ou en prescrivant un autre médicament.
  • Anticonvulsivants. Dans les cas où le sommeil est régulièrement perturbé par des mouvements involontaires des jambes, un anticonvulsivant peut inhiber les neurones qui provoquent ces mouvements. Par exemple, la gabapentine (Neurontin®). Habituellement, ils sont utilisés seulement dans les cas où les agents dopaminergiques sont inefficaces.
  • Sédatifs. Les sédatifs, comme les benzodiazépines (Clonazepam®, Diazepam®, Valium®, etc.), aident à mieux dormir et à soulager les symptômes durant la nuit. Ils sont souvent pris à l’heure du coucher. Ces médicaments créent cependant une accoutumance physique; leur effet thérapeutique s’atténue donc avec le temps. Les médecins y ont recours seulement dans certaines situations, pour une durée limitée.
  • Analgésiques narcotiques. Si les symptômes sont insupportables et s’accompagnent de douleurs, on peut avoir recours à des médicaments contre la douleur de type narcotiques (opioïdes). Par exemple, la codéine (seulement sous forme générique) et l’oxycodone (OxyContin®). Ces médicaments agissent dans le cerveau et la moelle épinière et entravent la transmission des messages de douleur. Leur effet est plus puissant que celui des analgésiques non narcotiques, tels les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui, eux, agissent localement.

(passeportsante.net, Dr Dominic Larose)

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